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Aide militaire à l'Ukraine : l'Europe assoit son statut de soutien numéro 1, la dépendance persistante aux armes américaines pose question sur le long terme
information fournie par Boursorama avec Media Services 13/08/2026 à 15:36
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Si les Etats-Unis ont coupé le robinet d'aide à Kiev depuis le retour de Donald Trump à la Maison blanche, leurs armements vendus auprès des alliés européens de Kiev continuent de peser largement dans la balance. Cette situation de dépendance suscite les inquiétudes.

Les missiles de systèmes Patriot sont cruciaux pour abattre les missiles balistiques russes (illustration) ( POOL / JENS BUTTNER )

Les missiles de systèmes Patriot sont cruciaux pour abattre les missiles balistiques russes (illustration) ( POOL / JENS BUTTNER )

Une aide au plus haut depuis le retrait américain... mais en pointillés sur le long terme. Tel est le paradoxe relevé par le Kiel institute, qui montre que l'aide militaire à l'Ukraine a atteint en juin son plus haut niveau depuis l'arrêt du financement américain, mais que la tendance à long terme continue de marquer le pas.

L'aide militaire allouée à Kiev a ainsi atteint 7,2 milliards d'euros en juin, le montant le plus élevé depuis les 9,04 milliards alloués en avril 2024, avant que le financement américain se tarisse en février 2025.

"Signal positif"

C'est la troisième augmentation mensuelle la plus importante de l'aide militaire depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, selon les données du Kiel , qui recense l'aide militaire, financière et humanitaire promise et livrée à Kiev depuis le début de la guerre. Ce rebond est dû principalement au nouveau prêt de soutien à l'Ukraine, qui a contribué à porter à 4,3 milliards d'euros l'aide militaire allouée en mai et juin par les institutions européennes.

Au total, un prêt de 90 milliards d'euros a été validé par l'Union européenne sur la période 2026-2027, pour aider l'Ukraine à financer sa guerre contre la Russie et assurer le fonctionnement de l'Etat. "Le déblocage rapide du prêt a envoyé un signal positif à l'Ukraine", a commenté Taro Nishikawa, un responsable du Kiel Institute.

Outre ce prêt, l'Allemagne a alloué 700 millions d'euros, le Danemark 600 millions et les Pays-Bas 500 millions pour soutenir l'armée ukrainienne. Toutefois, les niveaux de financement à long terme restent inférieurs à ce qu'ils étaient avant que le président américain Donald Trump ne mette fin à l'aide. Avant février 2025, les donateurs allouaient ainsi en moyenne 3,46 milliards d'euros par mois d'aide militaire à Kiev. Depuis, ce chiffre est tombé à 2,94 milliards d'euros.

Bien que les Etats-Unis ne contribuent plus directement à l'effort de guerre de l'Ukraine, leurs armes continuent de jouer un rôle clé. L'Europe se procure de plus en plus d'armes auprès d'entreprises de défense américaines et reçoit des livraisons provenant des stocks militaires américains.

"Les Etats-Unis restent un fournisseur essentiel de systèmes de défense tels que le Patriot , pour lesquels l'Europe ne dispose pour le moment que d'alternatives limitées", a souligné Federico Mellace, un analyste de l'Institut. "A plus long terme, la question essentielle sera de savoir si l'Europe peut développer et produire des substituts fiables aux principaux systèmes de défense américains et réduire progressivement sa dépendance" , a-t-il ajouté.

Nouvelle coalition antibalistique des alliés de Kiev

La question de la défense de l'Ukraine et du Vieux continent sans l'aide américaine fait l'objet de grandes manoeuvres en cours entre alliés de Kiev. L'Ukraine et ses soutiens occidentaux ont ainsi annoncé la création d'une coalition de défense aérienne , visant notamment à développer un nouveau système antimissile balistique, espéré comme une alternative au Patriot américain.

Dans le cadre de ce programme baptisé Freya, l'entreprise ukrainienne Fire Point développe ainsi l'intercepteur FP-7.x, dont le coût unitaire est estimé à 700.000 dollars, et qui est présenté comme une alternative au Patriot américain ou au Aster franco-italien.

6 commentaires

  • 18:03

    le danger c'est poutine... mais le danger est d'abord le bilan d'une UE incapable de faire face à ses propres defis...


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